Il y a des rencontres professionnelles qui restent purement transactionnelles : on vous livre ce que vous avez commandé, vous payez, tout le monde rentre chez soi. Et puis il y a des rencontres qui ressemblent davantage à une reconnaissance. À ce moment où vous réalisez que la personne en face de vous pense les choses de la même façon que vous, avec la même logique, les mêmes questions, les mêmes valeurs comme point de départ.
Notre relation avec Sojà d'ici, c'est la deuxième catégorie.
L'entreprise est basée à Racine, à une trentaine de minutes de Sherbrooke. Fondée par Jason Charland et Esther Junkersdorf, elle est née d'un constat à la fois simple et un peu absurde : le Québec manquait de tofu. Le tofu, ce produit de base de pratiquement toutes les cuisines végétariennes de la planète, était importé en grande majorité de l'extérieur de la province. Les fèves de soya, elles, poussaient au Québec depuis des décennies. Il y avait là un problème à résoudre et une occasion à saisir.
L’équipe de Sojà d’ici en «party staff» sur la magnifique terrasse de La Buvette du Centro
Sojà d'ici produit donc du tofu entièrement québécois, à partir de fèves de soya biologiques cultivées au Québec. Du semis au bloc de tofu dans votre assiette, la chaîne reste locale. C'est une phrase qu'on entend souvent dans l'industrie alimentaire et qui sonne parfois creux. Ici, elle est littéralement vraie.
Ce qui nous a convaincus de travailler avec eux, ce n'est pas uniquement la proximité géographique même si avoir un fournisseur qui opère à trente minutes de notre cuisine change quelque chose, concrètement, dans notre rapport aux ingrédients et dans notre capacité à contrôler la qualité. C'est aussi la façon dont ils font les choses. Le produit est solide, constant et goûteux. Le tofu de Sojà d'ici tient la cuisson, absorbe les saveurs, et ne rend pas d'eau comme une éponge, ce que vous savez apprécier si vous avez déjà raté un sauté parce que votre tofu était trop humide.
Il y a quelque chose d'important, selon nous, dans le fait de savoir d'où vient ce qu'on sert. Pas pour afficher une certification sur le menu ou pour paraître vertueux mais parce que cette connaissance change la façon dont on cuisine. Quand vous savez que les fèves sont cultivées à une centaine de kilomètres, que vous pouvez appeler les fondateurs si vous avez une question sur le produit, que votre fournisseur partage votre logique d'achat local et de réduction d'empreinte, vous cuisinez différemment. Vous traitez l'ingrédient différemment. Vous êtes fier de ce que vous mettez dans l'assiette.
Dans les coulisses de la Buvette : on reçoit notre tofu emballé en vrac, et en quantité industrielle !
Le commerce local est souvent présenté comme un geste altruiste : on achète local pour aider l'économie régionale, pour réduire le transport, pour soutenir de petits producteurs contre de gros industriels. Tout ça est vrai, et tout ça compte. Mais il y a aussi un argument purement égoïste : les produits locaux sont souvent meilleurs. Pas toujours, pas dans toutes les catégories. Mais dans le cas du tofu de Sojà d'ici, oui.
On les aime. Ils préparent notre tofu avec amour. Et ça, ça se goûte.
Pour en savoir plus sur Sojà d’ici:
sojadici.com
facebook.com/sojadici/
