Quand on a imaginé La Buvette, le concept était clair dans notre tête avant même qu'on ait les clés. Une place où les gens viennent manger et étirent la soirée. Pas un restaurant où on tourne les tables, pas un bar où la nourriture est secondaire. Les deux en même temps, à parts égales.
En théorie c'est simple. En pratique, c'est un équilibre qui ne va pas de soi.
Ce n'est pas un restaurant gastronomique. On ne visait pas l'expérience qui s'étire sur trois heures parce que chaque service prend quarante-cinq minutes. Ce qu'on voulait c'est autre chose : quelque chose d'accessible, un endroit où on revient. Pas une fois par année pour une occasion spéciale. Souvent.
On a des clients qui viennent à chaque semaine. Presque sans exception, au point où on s'inquiète qu'ils soient malades quand ils en manquent une.
C'est ça qu'on voulait construire.
Le bar fait partie de l'ADN au même titre que la cuisine. On a une large sélection de bières de microbrasserie et de spiritueux parce qu'on croit que venir juste pour un verre est aussi légitime que venir souper. Il n'y a pas de hiérarchie entre les deux. Certains soirs on mange, certains soirs on boit, certains soirs on fait les deux et on voit ce qui arrive.
C'est peut-être ce qui manquait à Sherbrooke et pourquoi on a su s’inscrire dans le temps. Il n'y a pas grand place où on peut bien manger ou seulement prendre un verre, simultanément, sans que l'un des deux soit clairement secondaire.
C'est la place qu'on a essayé d'occuper depuis le début.
